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17/04/2011
Hello Frity ! En
surfant sur internet et en feuilletant le calendrier des épreuves, j'ai
vu une multitude de courses auxquelles je voudrais participer. Je ne
sais pas lesquelles choisir ? Comment faire pour ne pas m'épuiser en
courant dans tous les sens et pour définir mes objectifs ?
F. Efftry (Piana)
La
saison de triathlon n’a pas encore débuté mais les courses à pied sur
route et les trails de plus en plus nombreux nous rappellent que ce
n’est plus si loin.
C'est une excellente occasion, si ce n’est pas encore fait, d'examiner
ce que
vous aimeriez accomplir au point de vue sportif cette année. Comme
beaucoup de
choses, la planification est la clé pour réussir sa saison sportive.
Sportifs « loisir »
Si vous êtes un triathlète dont le but est simplement de
terminer quelques compétitions, vous aurez un seul aspect à prendre en
considération lors de votre entraînement: l'endurance. On laissera donc volontairement de côté la notion d’intensité. Il
faut prévoir une planification suffisamment longue pour construire votre
foncier (appelé également: volume, kilométrage, base, fond,…). Notez que de nombreuses blessures sont causées
par le surmenage, c’est à dire une augmentation trop rapide du kilométrage
hebdomadaire. N’augmentez pas la durée de vos entrainements de plus de 15 pour
cent par semaine et prévoyez au moins toutes les quatre semaines une semaine de récupération. Pendant cette semaine
de « repos » vous devez
réduire la durée de tous vos entrainements d'au moins 25 pour cent, et remplacer
une journée où un entraînement était prévu par un jour de repos supplémentaire
ou par une journée de récupération active (par exemple, marche, balade en vélo
avec les enfants,…). Si votre entraînement hebdomadaire fait la part belle à la
course à pied, remplacez un entrainement de course à pied par de la natation ou
du vélo moins traumatisants.
Athlètes « compétitif »
Les
athlètes compétitifs, cependant, doivent adopter une approche
différente. Un athlète de
compétition, selon ma définition, est une athlète qui établit un
objectif de
performance précis. Cela peut être aussi simple qu’un défi personnel.
Il n'est pas nécessaire de gagner des courses pour être compétitif.
Si vous souhaitez définir un défi personnel ou un objectif
de classement dans certaines épreuves de cette saison, il faudra passer par la
planification minutieuse ainsi qu’une hiérarchisation de vos épreuves sportives.
Commencez par classer par ordre de
priorité les courses que vous avez envie de faire cette saison.
Une épreuve « A » ou 3 étoiles (***)
Vos épreuves "A" sont celles auxquelles vous consacrerez vos efforts de
préparation. Pour de meilleurs résultats, toutes vos épreuves « A »
devraient être similaires ou de même format (ex. triathlon sprint). Ce sont vos objectifs principaux pour la saison et
votre préparation devra progresser graduellement en vue de ceux-ci. Notez-les
en premier dans votre calendrier.
Bien que cela paraisse évident, participer à des courses demande
du temps pour s'entraîner. Tablez au moins sur 12 semaines de préparation
spécifique et ciblée pour une course « A », la période pendant
laquelle vous allez atteindre votre «pic
de forme». Programmez vos courses
« A » avec au minimum un bloc
de quatre semaines entre elles ou séparer les idéalement de 10 à 12 semaines. Votre
préparation devra augmenter en intensité et devra être de plus en plus spécifique
au fur et à mesure que vous vous approchez de vos courses « A ». Vos séances
d'entraînement précédant votre période d’affutage (période ou le volume est
réduit et l’intensité conservée) devront s’apparenter le plus possible au
format (kilométrage, dénivelé, températures,…) et à l’intensité de votre course.
Qu'est-ce que signifie « affuter » ?
Des triathlètes bien affutés ou bien futés ?
"L’affutage" consiste à
réduire le
volume d'entraînement avant la course « objectif » afin de
faciliter une
récupération optimale et complète. On confond souvent "affuté" et "sec"
(taux de graisse très bas)... probablement parce que lorsqu'on arrive à
la période d'affutage, on est théoriquement au meilleur de sa forme. Prévoyez une période
d’affutage d'une ou deux semaines avant les
course (s) « A ». La longueur de cette période dépendra de la durée
de votre épreuve, plus celle-ci sera
longue et plus la période d’affutage le sera également. Il n'y a plus grand chose à faire la semaine avant une épreuve pour
augmenter vos capacités physiologiques et vos performances, mais par contre il
existe de nombreuses erreurs à ne pas commettre pour réduire à néant vos
chances d’atteindre votre objectif. Après avoir terminé une course « A »,
et quel que soit le résultat, il faut prendre une semaine de repos et de
récupération active.
Epreuves « B » ou 2 étoiles (**)
Les "B" sont des
épreuves de préparation ou des épreuves que vous aimeriez bien faire, mais qui
néanmoins ne sont pas des courses « objectif ».
Les compétitions « B » sont d’excellents
« échauffements » et sont une bonne motivation pour l’entrainement en
vue d’une épreuve classée « A ». Elles offrent l'occasion de tester et de perfectionner vos
compétences en course sans la pression d'une épreuve « A ». La « B » ne doit pas être nécessairement du
même format que la « A », mais
devrait contribuer à améliorer votre performance lors d’une course « A ». Même si ce n’est pas un objectif
principal, vous essayerez toujours de vous donner à 100% sur une
épreuve « B ».
Par exemple, une course
« B » serait un 10 kilomètres avant un triathlon distance olympique
(1500m – 40 km – 10 km). Vous devrez également vous reposer ou réduire
votre charge d'entraînement quelques jours avant cet événement « B »,
mais sans vraiment prévoir une période d’affûtage comme vous le feriez pour une compétition « A ».
Epreuves « C » ou 1 étoile (*)
Les épreuves « C » sont celles
que vous aimeriez faire pour le plaisir, elles ne sont pas liées à vos objectifs.
Ce sont des épreuves sur lesquelles vous laisserez
le cardio fréquencemètre à la maison. Vous
n'avez pas à vous forcer physiquement lors de ces épreuves ou vous ne vous
fixerez aucun objectif de performance.
Ces manifestations « C »
sont importantes au cours de la préparation de base pour maintenir son
enthousiasme. Une épreuve « C » peut être complètement
différente de vos objectifs « A ». Si
vous êtes un coureur de marathon, vous pourriez faire une sortie comme lièvre
sur une course de 10 km avec votre conjoint ou un enfant. Les épreuves « C » aident à rester actif et motivé dans votre
préparation.
Un bon point de départ pour
la saison c’est de commencer par prendre un calendrier et de réfléchir à une planification
de votre saison sur 12 mois. Mettez y en premier vos courses « A »,
puis ajouter des épreuves B et C. Il est important de ne pas planifier des
événements C à proximité de vos objectifs principaux (4 semaines minimum). Cette période
est réservée à une préparation plus spécifique et ciblée.
Non seulement le fait de définir la priorité de vos
courses va vous aider dans votre préparation, mais cela permet également de
déterminer ce que vous souhaitez accomplir en tant qu'athlète. Ne laissez pas de belles perspectives de course vous filer entre les
doigts!
Petit exemple simple pour illustrer
ce qui a été écrit précédemment.
Mon fils
Cyril (Lynx CTCA de 13 ans, qu’on peut donc considérer comme un sportif « loisir») avait
projeté de faire en 2010 deux courses objectifs « A ou
*** » :
1) Aquathlon de Nice (natation
en mer: 150 m – course: 1200m) fin juin.
2) Triathlon « Ironkids Florida » (natation: 200m –
vélo: 10 km – course: 1,6 km) début novembre.
Il voulait bien faire
et s’est donc appliqué à suivre un planning de préparation dont le volume
d’entrainement augmentait très progressivement. Il avait aussi prévu un "petit"
triathlon fin septembre (marche en mer, 1 km vélo, 400 m càp) classé « B
ou ** » et se sont greffées à son
planning deux épreuves théoriquement trop longues pour lui et donc naturellement classées « C ou
* »: « l’enfer bleu » en juillet et « l’inter-club
par équipe de Calvi » en octobre. Le fait de participer à ces 2
grandes épreuves « festives » avec les adultes et surtout de réussir à les terminer a
fortement augmenté sa motivation à s’entraîner pour ses véritables objectifs.
En ce
qui concerne sa préparation. Début mai, il nageait facilement 50m sans
s’arrêter à la piscine. Début juin, à raison d’une session par semaine, il
faisait quelques séries de 100m et fin juin, sans fatigue, il était passé à
150m. Après 3 séries, il allait jouer dans le petit bassin.
La course à pied
n’étant pas sa discipline favorite, il a bien fallu partir de pratiquement
zéro. Il arrivait sans entraînement à courir 200m puis marchait 200m et
parvenait à courir encore 200m. A raison de 2 entraînements par semaine, en
huit semaines et en conservant ce schéma course-marche, il parvenait à courir
600m, marchait 200m et courait encore 600m. Le compte était bon. Le Jour J,
avec la motivation et en ne se laissant pas emporter par le rythme de la
course, il a couru toute la distance sans s'arrête et « même que... j’aurais pu
aller plus vite ! ». L’été, il a continué à s’entrainer en course à
pied sur ce même principe qui lui convenait bien. Fin septembre, il était capable
de courir 2 x 1500m par session (belle progression). La partie natation se
faisait en mer, deux fois par semaine, il nageait une dizaine de minutes avec
moi (presque devant moi !) et puis jouait dans les vagues.
Le fond en vélo
n’était pas un problème car il y a deux ans, il avait commencé à m’accompagner
lors de mes sorties en course à pied et peu à peu il en est arrivé à me suivre
lors de mes sorties les plus longues (très pratique pour le
ravitaillement !). Ayant pris confiance en lui, il partait seul sur des
distances d’environ 10 km… et pas du plat ! Début Novembre, il a réalisé
un très bon "Ironkids" *** en Floride ! Il était confiant, il savait qu’il tiendrait les
distances. Il s'est éclaté. Bref, objectif atteint !
Amusement
et
prudence !

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